Stéphane Mallarmé et Maurice Ravel : Poezibao propose aujourd’hui Trois poèmes de Mallarmé, mis en musique par Maurice Ravel.
00:00 - I. Soupir [à Igor Stravinsky] 04:22 - II. Placet futile [à Florent Schmitt] 08:55 - III. Surgi de la croupe et du bond [à Erik Satie] Soliste : Anne Sofie von Otter (mezzo soprano) Enregistrement de 1994, durée totale, 12’25. Lien de la vidéo. Bonne notice mais en anglais. On peut suivre les textes sur la partition. Ou les trouver ici, Soupir, Placet futile, Surgi de la croupe et du bond
La voix de Blaise Cendrars Archives RTS/RSF, montage de documents audio, durée 2’48. (Pour information, la musique est une interprétation à l’accordéon de la Gnossienne n°3 d’Eric Satie) Lien vers la vidéo
Une émission de 1980, de Jean Launay, rediffusée dans les Nuits de France Culture en novembre 2016. Lien vers l’émission, durée 45 mn. Présentation de l’émission :
Merci à Jean-Paul Louis-Lambert. ndlr : on entend à plusieurs reprises dans l’émission la voix de Paul Celan et notamment dans Todesfugue, Fugue de mort : autour de 28’
Une exposition se tient depuis novembre et jusqu’au 2 avril 2017 à l’IMEC. Sous le titre, "L’Ineffacé", elle est centrée sur les cahiers, carnets, notes préparatoires des écrivains, tels que Jean-Christophe Bailly a pu les trouver dans les fonds si riches de l’IMEC, Institut Mémoire de l’édition contemporaine à Caen : « Mais tous ces cahiers, carnets et feuilles volantes sur lesquels ces phrases sont venues s’inscrire, mais tous ces matériaux préparatoires et toute cette archive, il est impossible de se les représenter comme une masse : d’eux-mêmes, ils se dispersent et s’organisent en jonchée, ils s’en vont dans l’espace, leur rumeur n’est pas celle d’un empilement inerte, mais celle d’une volière traversée en tous sens. » (Jean-Christophe Bailly, L’Ineffacé, catalogue de l’exposition)
Installés dans un salon, Aimé Maeght fait écouter à Pierre Dumayet un enregistrement audio dans lequel le poète Pierre Reverdy s'adresse à Georges Braque qui lui répond au sujet de sa propre utilisation de la couleur. Le poète lit son poème "Cercle doré".
document video INA, durée 7’ (la vidéo se déclenchant lors de toute ouverture de Poezibao, elle n'a pu être incluse directement ici).
« L’encre et le sang », lu par l’auteur, Document audio, 1’50., (Extraits issus de « Voix de poètes, Vol. 2, Des poètes disent leur textes. Par Olivier Germain-Thomas » – Sortie le 2016-08-19)
(en lien avec l’article de Rémi Bouthonnier) Esquisse : « le froid » für Marimbaphon und 14 Instrumente (2016), œuvre du compositeur Walter Feldmann sur un texte éponyme d’Anne-Marie Albiach. document audio, 9’.
Dans la note qui accompagne le document audio, sur le site Youtube, Walter Feldmann explique que c’est le cinquième texte d’Anne-Marie Albiach qu’il transpose ainsi en musique. On peut ausi signaler que ce compositeur a donné une contribution titrée « Anne-Marie Albiach, le texte comme ADN de la transposition musicale » pour l’ouvrage Le Choix d’un poème, La poésie saisie par la musique, sous la direction d’Antoine Bonnet et Frédéric Marteau publié aux Presses Universitaires de Rennes en 2015. Walter Feldmann y dit avoir, aux alentours de 1989, rencontré « pour la première fois les textes d’Anne-Marie Albiach. Lors d’un cours de poésie moderne à l’université d’Aix-en-Provence, Jean-Marie Gleize faisait lire Mezzo Voce, et cette lecture devint le fondement de toutes [s]es réflexions compositionnelles à venir. » On remarque qu'il n'y a ici aucun texte chanté. Le compositeur explique qu'il part d'une part du texte lu, dont il note le minutage précis, et que d'autre part il trace une représentation graphique de ce texte. Ces éléments vont être les fondements de son travail de composition, sorte de code génétique pour les structures temporelles du marimba. Les lecteurs de l’anglais pourront entrer plus avant encore dans le processus compositionnel, ici. Le texte Esquisse : « le froid » appartient au livre Mezza Voce d'Anne-Marie Albiach, repris dans Cinq le choeur, Flammarion, 2014, p. 201 et suivantes.
Gaston Bachelard parmi nous, ou l'héritage invisible
En 1961 Hubert Knapp et Jean-Claude Bringuier avaient réalisé, pour le magazine "Cinq Colonnes à la une", un rapide portrait d'un philosophe : Gaston Bachelard. - Dans son petit appartement de la rue de la Montagne Sainte Geneviève envahi par les livres, le vieux sage à barbe blanche, alors âgé de 80 ans, avait répondu à leurs questions avec sa profonde simplicité et sa bonhomie coutumière. Au fil de la pensée, il avait parlé de sa Champagne natale, de sa carrière d'enseignant à Bar-sur-Aube, de ses élèves, de son petit "village" de la place Maubert, de son goût pour la poésie, des "rêveries heureuses" et des méditations tranquilles que lui inspiraient ses lectures, de la poétique de l'espace, de la verticalité essentielle d'une maison, de la magie des coins, des coffres, des armoires etc... De mille détails insignifiants qui dans sa bouche prenaient une résonance profonde. - Peu de temps après, Gaston Bachelard mourait. - A l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, Jean Claude Bringuier a repris cette interview pour l'enrichir de quelques témoignages. - Ce sont d'abord ses trois anciens élèves, Bernard Prieur, Pierre Moufle et Pierre Malgras - c'était là tout l'effectif de la petite classe de Bar-sur-Aube - qui se sont retrouvés tout étonnés un matin d'hiver, dans le préau de leur école, pour évoquer leur merveilleux professeur de physique et de philosophie qui les entraînait dans des courses champêtres. - Ce sont ensuite des philosophes et des scientifiques qui l'ont connu ou qui l'ont lu et qui en ont été marqués - Georges Canguilhem, Jean Toussaint Desanti, Andre Lichnerowicz, le Révérend Père Dubarle, Michel Foucault. - Car si Bachelard n'a laissé derrière lui ni école ni disciple, s'il a toujours écarté la théorisation, son héritage invisible a influencé - plus ou moins sourdement - bon nombre de penseurs contemporains. - Témoin des bouleversements de la physique moderne, Gaston Bachelard a en effet développé une philosophie des sciences vierge et neuve qui s'intéressait de l'intérieur aux mouvements d'idées de la création scientifique et à sa dimension de rêverie. - Il a représenté une certaine manière d'écrire et de penser, d'interroger les résonances profondes de l'esprit humain, pratiquant une véritable psychanalyse des éléments. - Il reste avant tout, dit le Père Dubarle "L'homme qui nous a guidé dans la forêt magique de nos signes et qui a su se mettre à l'écoute". (Présentation du film. Source)
« Admirablement faits pour exprimer cette chose étrange, la Vie, veilleuse de miracle qui fait voir d'autres miracles, sont ses poèmes lents mais à grandes enjambées, colorés mais gris aussi d'un grand passage d'ombres, musicaux mais étouffés, d'une houle profonde, naissants et chavirés, tâtonnant dans l'ombre du Savoir avec les images de la Poésie. » Henri Michaux, « Supervielle », 1935 - voir la belle fiche Supervielle sur le site de Gallimard