Rédigé par Florence Trocmé le 20 mars 2015 à 19h26 dans photomontages | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 17 mars 2015 à 11h34 dans photomontages | Lien permanent
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Rédigé par Florence Trocmé le 02 mars 2015 à 20h45 dans photomontages | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 23 février 2015 à 16h16 dans photomontages | Lien permanent
Sviatoslav Richter
Passé un très bon moment dans la revue Pianiste avec plusieurs pages consacrées à Sviatoslav Richter qui aurait eu 100 ans en mars. Avec un aperçu de remarques très étonnantes relevées par Youri Borissov, dans un livre intitulé Du côté de chez Richter, paru en 2008 chez Actes Sud.
Un extrait : « Claude Debussy, Sur le prélude La Danse de Puck, Premier livre [texte écrit par Richter en 1992] : “j’ai entendu Kissin jouer la Valse en si mineur de Chopin, une des posthumes… mieux, à mon avis, c’est impossible. Je crains seulement deux choses : qu’il se soit précipité là-dessus trop tôt, presque encore dans l’enfance. Il risque d’y perdre le souffle, de ne pas prendre la mesure du chemin à parcourir. Deuxième danger : le pointillisme. Il n’en use presque pas. Il ne travaille probablement jamais dans le noir.
Moi non plus je n’arrivais à rien avec La Danse de Puck. Jusqu’à ce que quelqu’un m’ait passé un livre très intelligent. Neuhaus, bien sûr… j’y appris que, dans l’obscurité, notre âme acquiert un deuxième vue, elle s’apparente à un somnambule. Que c’est justement dans l’obscurité que tout prend son visage et sa couleur.
Quand Kissin jouera Debussy, allez l’écouter sans faute. Vous saurez aussitôt s’il a maintenant du givre au bout des doigts » (Pianiste, n° 91, p. 32)
→ devrions-nous écrire, écouter, lire dans le noir ?
Lîla, jeu créatif
Entretien intéressant également avec la pianiste et professeur Lisa Yui. Je relève cela : « c’est cette notion de “jeu créatif” que l’on retrouve dans le mot sanscrit lîla. En français lîla se traduit par “jeu” mais le mot lîla a une résonance bien plus profonde. Lîla, pour reprendre les mots du violoniste, écrivain et professeur Stephen Nachmanovitch, décrit un “jeu divin, le jeu de la création, de la destruction, de la reconstruction, du pliage et du dépliage du cosmos. Lila, libre et profond, évoque à la fois le plaisir et la jouissance du moment, le jeu divin. Lîla signifie aussi amour”. Ce jeu est un acte spirituel et sacré qui unit l’âme aux forces sensorielles de l’univers. »
S’orienter
Je relis le très bel échange avec Patrick Beurard-Valdoye qui sera mis en ligne dans Poezibao le mercredi 25 février. Je note : « antennes dressées, bien que désorienté, j'oscille entre le "tout peut arriver" et le "je ne lâche pas", quand l'intuition peut déboucher sur une percée. ». Je note également que « les champs artistiques permettent plus fréquemment de nous confronter à l'inconnu, au mystère, que la recherche scientifique. »
Croisements (Patrick Beurard Valdoye, D.H Lawrence)
Cela aussi, qui constitue une magnifique « note sur la création » :
« Il faut peut-être préciser en effet, que la pratique des arts poétiques - en lire est déjà les pratiquer - émancipe de la temporalité hégémonique du récit (historique ou causale). Surtout, elle permet l'accès, en parallèle des réalités historique et biologique, à un autre passé qui oriente le présent, et l'élargit vers l'advenir. » (Entretien pour Poezibao, en ligne le mercredi 25 février)
Et un peu plus tard, lisant l’excellent site Brumes, je relève ceci, à propos d’une Lettre d’Allemagne de D.H. Lawrence :
« Les grands romanciers et les grands poètes peuvent saisir leur temps, en dehors de toute enquête historique érudite, de toute réflexion sociologique poussée, et même de toute démarche à peu près scientifique. Ils pressentent, par une sorte d’intuition presque tellurique, les sourds mouvements tectoniques de leur époque. Le monde change ; ils s’en aperçoivent. Qu’il se produise quelque chose de neuf – qu’ils sont parfois bien en peine de nommer – et les en avertissent leurs sens, plus éveillés que les nôtres, à nous pauvres animaux rationnels et étroits, cervelles raisonnantes et influençables. Si la précision leur fait parfois défaut, le jeu de leur intuition produit pourtant, à l’occasion, des résultats saisissants. Ces écrivains montrent moins leur génie en réfléchissant froidement, par le jeu spéculatif, professoral, théorique, qu’en transposant, par le biais de la poésie et de la prose, le réel dans l’espace épuré, et donc signifiant, de la fiction. »
Quant à la lettre de D.H. Lawrence dont on peut découvrir de grands extraits sur ce même site, elle résonne terriblement avec mes lectures en cours des Journaux de Klemperer et de Thomas Mann. Tous trois ont eu très tôt le pressentiment oppressant de ce qui advenait.
Puis un peu plus tard, Cécile Wajsbrot, ici :
« Le siècle où nous sommes nés - le vingtième – reçut des averses particulièrement abondantes de paroles qui ne furent pas entendues en leur temps et que nous n’avons perçues que plus tard, bien plus tard, longtemps après que les guerres où elles furent proférées furent éteintes. Et la littérature est le lieu privilégié du dégel.[référence à Rabelais] » et un peu plus loin : « Les livres paraissent le plus souvent à un moment où la société se préoccupe d’autre chose, après le moment où elle en a parlé – le temps du journalisme – en l’occurrence à la libération des camps, et bien avant qu’elle n’y revienne, plus tard, et que ce mot, Auschwitz, ne puisse se prononcer que dans la réverbération d’un écho sacré. La littérature est le lieu du dégel – elle a son rythme propre, sa temporalité, sa façon de digérer les événements, son aftermath – ce mot anglais précieux qui désigne, à l’origine, la réplique d’un tremblement de terre avant d’endosser le sens plus abstrait de répercussions, conséquences. La société, le monde ont eux aussi leur rythme pour absorber l’événement. Ce rythme n’est pas le même et c’est pourquoi le lieu du dégel, les confins de la mer glaciale où croisent les écrivains en navigateurs solitaires n’est pas seulement l’endroit du dégel où sont ouïes les paroles passées mais de façon plus complexe, le point de rencontre entre le passé, le présent et le futur. [...]Lieu du dégel, confins de la mer glaciale, la littérature est le point du passage, le lieu de rencontre du présent, du passé, du futur, comme le pôle est le point de rencontre de tous les méridiens, à la fois 90e degré de latitude et point zéro où la boussole ne peut plus indiquer de direction. »
Croisements encore (Ulrike Draesner)
Puisque sans nous donner le mot Patrice Beray pour Mediapart et moi pour Poezibao, nous célébrons la poésie de l’allemande Ulrike Draesner. Dont… Patrick Beurard-Valdoye me dit, quelques instants après la publication des poèmes dans Poezibao, qu’il la connait bien. Pattes de colombe, reste d’hirondelle, mort d'une souris….
Saint Axe et grincements de dents
Excellente note de Claro à propos du livre de Jérôme Mauche, Le sbire à travers, ici. Il écrit notamment : « cette opération poétique à laquelle se livre (et qu’invente) Mauche : la déconsidération du réel par la phrase à failles. Bon, je sens que vous n’êtes pas encore convaincu de la drôlerie de la chose, mais c’est parce que, dès qu’on parle syntaxe, les dents se serrent, or quoi de plus hilarant pourtant qu’une phrase qui se casse la gueule en se mordant la queue ? ».
De quoi perdre l’équilibre : « Jouant avec l’ordre de causalité, les accords, les pronoms, les pluriels, se servant de la virgule comme d’un croche-patte, poussant l'adverbe comme un pavé déchaussé, Mauche déconstruit et reconstruit des milliers d’infra-drames avec une virtuosité discrète qui rend la lecture de son livre incroyablement active. ». Voilà qui me donne envie d'ouvrir ce livre que j'avais mis de côté craignant de ne pas en trouver la clé.
De la justesse
J’ai souvent relevé dans les différents écrits d’André Hirt ses propos sur la justesse, l’exactitude. Les voici bien résumés : « une chose, en effet, est de parler et d’écrire, une autre est de parler et d’écrire justement.
Une chose est de parler et d’écrire, une autre est de passer au crible de l’exactitude ce que l’on dit et ce que l’on écrit. Et le désespoir vient assez vite de ne pas parvenir à cette certitude dont on sait pourtant qu’elle existe, mais dont on ne possède pas les termes, le rythme et le phrasé. » (p. 78)
Rédigé par Florence Trocmé le 23 février 2015 à 16h13 dans Bribes de Flotoir, photomontages | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 21 février 2015 à 17h49 dans photomontages | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 20 février 2015 à 16h51 dans photomontages | Lien permanent
Rédigé par Florence Trocmé le 17 février 2015 à 18h26 dans photomontages | Lien permanent