« La terreur de rien retirer du torrent confus de ma pensée (et pourtant, sans tant d’eau vaine et de sable les quelques paillettes précieuses ne brilleraient jamais au soleil intérieur le temps même d’apparaître et de disparaître) s’apaise parfois : je rencontre un dessin d’idées qui se relie à telle ou telle certitude en moi-même brièvement perçue. Saurai-je conduire un jour ce flux indiscipliné ? Qui m’en prouvera l’importance ? Ou jusqu’à la fin devrai-je le regarder passer, fiévreux, pêcheur moqué les mains vides ?
Gustave Roud, feuillets, in Écrits de Gustave Roud, I, Bibliothèque des Arts, 1978, p. 50. »
Gustave Roud (1897-1976) est l’un grands noms la littérature
suisse romande au XXe siècle. Écrivain solitaire, il passa toute sa
vie dans le Haut Jorat, un pays de collines douces évoqué dans les proses
somptueuses du Petit Traité de la marche en plaine ou de l’Essai pour
un paradis. Poète nomade dans une vie sédentaire, Roud a relié, par son
amour des routes et sa culture à la fois romantique et classique, des mondes
antinomiques : les sensibilités germanique et latine, les brumes et la lumière,
l’obscurité de l’invisible et la clarté du monde tangible. De famille paysanne,
mais lui-même universitaire et intellectuel, en constant décalage avec son
milieu, il va chercher par la poésie à rassembler ces deux parts de lui-même,
invoquant dans une même prose le proche et le lointain, l’ici et l’ailleurs, le
charnel et le spirituel.
(Notice rédigée par Angèle Paoli et Florence Trocmé)
Consulter un numéro de la revue
Europe (octobre 2002) entièrement consacré à Gustave Roud
Pour la bibliographie
de Gustave Roud consulter le site suisse des amis de Gustave Roud :
sur le même site, voir une note sur le Journal de Gustave
Roud, réédité en cette année 2004 :
Consulter aussi cette page
Un très bel
article du poète James Sacré sur Gustave Roud
De très nombreuses informations aussi et une analyse de la
relation fondamentale entre les poètes Gustave
Roud et Philippe Jaccottet :

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