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plus bas, dans l’herbe infime
des rainures, plongent entre les pavés
et boursouflent déjà des brins marginaux,
car même ici sur ses bords
herbeux le monde immense repousse en secret
à partir d’un être minuscule ; et quand la voûte
à nouveau se déploie sur l’ourlet gris des maisons,
et encore sur la mer en fête, désertée
par les lumière du dîner, ce n’est que joyeux
ondoiement de gens aimables, déjà repus,
et des nefs de verre des avenues
bourgeonnantes dans la pénombre teinté par le vert des
branches
revoici, sous l’orange mourant sur soleil,
l’asphalte luisant et les signaux….
Gianni D’Elia, Congé de la vieille Olivetti, édition
bilingue, traduit de l’italien par Bernard Simeone, Comp’Act, la Polygraphe,
2005, p. 79 et 80.
più in basso
nella minutissima erba
delle scanalature profondano al pavé
e già ribrufonalo fili emarginati,
perché anche qui agli erbosi
bordi il mondo grande dal minuscolo
essere rivegeta segreto ; et poi che si riapre
la volta dal grigìo orlato degli abitati,
ancora sul mare festivo e spopolato
di luci prandiali, solo è un allegro
tremato di
gentili, di già saziati,
gemmati in
penombra tinta del verde dei rami
all’ultimo
rancio del sole riescono
lucidi asfalti e
segnali….
Gianni D’Elia, est né en 1953, à Pesaro, près de Rimini, sur
la côte adriatique où il vit encore aujourd’hui. Il a créé la revue Lengua,
d’inspiration pasolinienne, qui a publié quelques-uns des plus importants
poètes italiens contemporains.
Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie :
Non per chi va, 1980
Febbraio, 1985
Segreta, 1989
La
delusione, 1991
Notte privata, 1993
Congedo della vecchia Olivetti, 1996
Guerra di maggio, 2000
Sulla riva dell’epoca, 2000
Bassa stagione, 2003.
Il a traduit Gide et Baudelaire, ainsi que des poètes
symbolistes et surréalistes français.
Il est présent dans le numéro 110 de la revue Po&sie
(second numéro d’une indispensable recension de la poésie italienne de 1975 à
2004). Ainsi que dans la revue La Polygraphe.
Disponibles en français :
Des textes dans l’anthologie Lengua, la jeune poésie
italienne, publiée sous la direction de Bernard Simeone, Le Temps qu’il fait,
1995
Le partisan d’avril, l’Impatiente, 2000 (plaquette à
tirage limité)
Congé de la vieille Olivetti, traduction Bernard
Simeone, Comp’Act La polygraphe, 2005
Retrouver un
article de Bernard Simeone sur le site des éditions Comp’Act où l’on peut
aussi consulter une fiche avec cinq poèmes du recueil (présentation bilingue).
Et voir une très belle photo de Gianni d’Elia.
Présentation du livre Congé
de la vieille Olivetti
Une
interview (en italien) de Gianni d’Elia
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