Isabelle Guigou m’a fait l’amitié de m’envoyer ses deux dernière parutions, Pris dans la pierre, publié dans la collection Encres Blanches chez Encres vives et Train, paru aux Éditions Donner à voir.
Voici quelques extraits de l’un et l’autre de ces recueils
Ses mots hésitent à s’aventurer sur le chemin
Bringuebalent sur le bas-côté, engoncés dans leur propre
corps
On dirait que marchent des vieillards bancals qu’un souffle
de vent effarouche, tant la vie se tient prête au départ sous leur peau
translucide ouverte de veines bleues. (Pris… p. 3)
*
Ce matin, au bord de la route, le renard mort
La neige ourle sa gueule ouverte
Linceul
La mort s’adoucit de blanc
Plus tard, à la chaleur du jour, un cadavre sale, la vie
partie sans oraison, l’âme à jamais errante
(Pris…p. 4)
*
Les mots sont un prolongement du pas quand, le soir, les
yeux renoncent à forer l’obscurité, quand doit pourtant circuler en toi la
lueur, quand l’esprit, les sens cherchent encore leur route. (Pris… p. 11)
*
Rides d’eau à la surface
Rides de sable au fond
Dans l’espace intermédiaire, ton corps sans âge, sans
chemin, infiniment possible
(Pris…p. 14)
*
Tu farfouilles
Récupères au fond de la corbeille
Des bribes de jours
Comme l’on ramasse de vieux morceaux de verre colorés
mêlés de terre
Que l’on lave et tient pour un trésor
[...]
(Train, p. 10)
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