Une surprise que cet Alphonse Allais en Poésie/Gallimard…..
comme le dit de façon humoristique le communiqué des Éditions Gallimard
« celui qui passe depuis un siècle pour un humoriste, autrement dit pour
un touche-à-tout pas sérieux, peut donc prendre place dans une collection où
les joyeux drilles ne sont pas légion ?
Né à Honfleur en 1854, il suit quelques cours à l’École de
Pharmacie de Paris avant de rejoindre les Hydropathes et les Fumistes et de
devenir rédacteur en chef du Chat noir pendant 5 ans. Il écrit toutes
sortes de choses, souvent inclassables et qu’il regroupe sous le titre de Œuvres
Anthumes. Il meurt le 28 octobre 1905.
Le poète en lui est avant tout un inventeur, qui se joue des
identités, de la logique, des formes, de l’ordre, créant aussi bien le
"poème morne traduit du belge", que les" rimes riches à l’œil",
les "poèmes hydrocéphales", le "vers néo-alexandrin",
autant de champs que les pataphysiciens et les oulipiens laboureront plus tard
en lui rendant grâce. Alfred Jarry n’avait-il pas prédit : « Allais,
celui qui ira ».
Alphonse Allais, Par les bois du Djinn, Parle et bois du gin, poésies complètes, édition de François Caradec, Poésie/Gallimard n° 407, 2005.
FT
VI
Conseils à un voyageur timoré qui s’apprêtait
à traverser une forêt hantée
par des êtres surnaturels
Par les bois du Djinn, où s’entasse de l’effroi,
Parle et bois du djinn ou cent tasses de lait froid
(le lait absorbé froid, en grande quantité est bien connu
pour donner du courage aux plus pusillanimes).
(p. 52)
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