Dans le prolongement de l’interview
que j’ai publiée hier, j’ai choisi aujourd’hui un texte de Claire Malroux.
Et pour la circonstance, je donne la traduction de Marilyn Hacker.
Rien ne dérange les
canards sur la berge
Au soleil levant non plus
qu’au crépuscule
Ni ceux dressés parmi la
chevelure
Déployant sa rouille en
constellations
A la surface de l’étang,
étoiles tièdes
Pullulant dans
l’hémisphère du froid
Le temps de même se
multiplie, essaime
Dans l’immobile. Là-bas
ils sont
Des millions à s’agiter
dans les vagues
Et la frénésie de la
danse. Ici tout est nu
Singulièrement,
mortellement nu
Un plongeon, l’éclosion
d’une bulle
L’épiphanie d’un être
ailé
La présence adorée et
haïe
Du chasseur embusqué
entre ciel et eau
Qui par amour ou par jeu
aura posé ses leurres
Claire Malroux, poème
extraits de Bisons et oiseaux, in Claire Malroux, Birds and Bison, translated by Marilyn Hacker, The Sheep Meadow
Press, 2004, p. 68 et 69.
Ce texte a été publié dans le recueil Suspens de Claire Malroux, Le Castor Astral, 2001, p. 48.
HUNTING SEASON
Nothing disturbs the ducks on the pond’s
edge
Either at sunrise or at dusk
Nor those others placed in the abundant
hair
Which spreads its auburn rust in
constellations
On the pond’surface, tepid stars
Swarming in the hemisphere of cold
Time breeds like this too, spreads out
Across the stillness. Elsewhere, millions
Flutter restlessly in the waves
And the dance’s frenzy. Here, everything is
nude
Totally, mortally nude
A dive, a bubble’s hatching
The epiphany of a winged being
The adored and hated presence
Of the hunter in ambush between sky and
water
Who’s set his decoys out in sport or love
Claire Malroux, poème extrait de Bisons et oiseaux, in Claire Malroux, Birds and Bison, translated by Marilyn
Hacker, The Sheep Meadow Press, 2004, p. 68 et 69.
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