Le poème dont je donne un extrait ici a été publié dans le numéro 7 de la revue Siècle 21, dans un dossier compilé par Marilyn Hacker et dédié au thème de la rue.
PAR
PARIS ME PROMENANT
à
Charles d’Orléans et à Marilyn Hacker
Par Paris me promenant, un samedi après-midi
En revenant de la manif’,
quittée place de la République
Je flânais en solitaire
avant d’aller à un
rendez-vous ; secret.
J’avais tant et tant bavardé,
rencontré d’amis, discuté,
et battu le pavé,
que je m’étais rassasiée
de bruits de rires et de cris bien scandés.
Par Paris donc me promenant, goûtant l’instant
de paix de flânerie, selon mon habitude,
J’allais sans savoir où et suivant mon instinct, comme on va
sur le Causse, au soleil et au vent,
vers quelque arbre lointain,
Tournai à quelque arête ou angle de maison, et traversai, je
m’en souviens, la rue de Bretagne,
refusai la rue de Saintonge, trop sombre,
pris la rue Vieille-du-Temple, quand
au Bourg-Tibourg
je tombai en arrêt
sur un marché en plein air
ombre et soleil un peu de vent,
un marché des
"provinces gourmandes de France"
[...]
Geneviève Pastre, in Siècle 21, n° 7, p. 92.

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