Deux extraits d’un recueil encore inédit, Brefs éclats de temps, que Constantin Kaïteris a bien voulu m’envoyer, ce dont je le remercie très chaleureusement.
matin calme dans la
Rift Valley
Au bord de ce couloir pour nuage en fuite
et regardant dans la forêt proche, établie sur ses verts,
un unique arbre rouge
qui donne à respirer l’espace,
le voyant non seul mais distinct,
et ne voyant plus que lui, je pense
à la poésie, à sa force sans liens,
à son à-côté parfait, sa nécessité, sa bêtise,
celle-là même du voyage :
répétitions perdues, crevaisons,
images parasites, beauté à l’arraché,
au bord de cet effondrement modèle,
dans un décor compact d’oiseaux et de
feuilles.
« s’il y a un fossé, c’est un plaisir en vue »
Wondo Guenet, Ethiopie, le 5 novembre 1979
Court silence à Vichy
Un rien mais d’un bleu fixe sans nuance
découpure d’Égée sur les mailles d’ardoise.
Dans le temps vitrifié de la bibliothèque,
pigeons aux ailes repliées,
les livres dorment encore.
Un rien de vertige : trente secondes de silence
absolu épaulé de soleil
avant que, loin des pâtisseries plissées
des lianes de fer et des tasses d’eau,
avec des gestes de papier et de bateau
ne filent dans le monde
messieurs Londres et Larbaud.
« et l’apprentie glissant sur les ondes des
langues »
devant la bibliothèque Valéry Larbaud, Vichy, le 16 juillet
1987, 8 h du matin.
Constantin Kaïteris qui
me précise que ce texte est à paraître chez Voix d’Encre et que les dates ne
correspondent pas au moment de l’écriture mai sà celui très antérieur et
"mémorable" ressurgi en "épiphanie".
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