Anne Talvaz aujourd'hui parce que trois fois en quelques
instants, au cours de ma recherche pour l'anthologie de ce 2 décembre, dans
deux revues récentes, importantes chacune dans leur domaine, Europe et La Polygraphe et dans une anthologie. Anne Talvaz ne serait-ce,
avant de mieux la connaître, pour mieux la faire connaître aux lecteurs de Poezibao peut-être pour ce titre : Panaches
de mer, lithophytes et coquilles.
Pour découvrir l'histoire du titre
Tableau d'Anne Vallayer-Coster (1744-1818)
Ont-elles disparu à présent, ces coquilles
à l'odeur poussiéreuse, que le flux de la mer
avait cessé d'affecter depuis longtemps, lorsqu'Anne
prit son pinceau et s'en fut à leur rencontre ?
Ces coquilles sont vides. La lumière nous dit :
ils sont beaux. Elles les caresse, nautile,
coque, moules, murex, strombe, turbo, sans la moindre impartialité,
et comme elle ne devait plus jamais le faire; et les panaches, les coraux
qui figurent le mouvement de la mer
[...]
Anne Talvaz, Panaches de mer, lithophytes et coquilles, La Polygraphe n° 36-38, Éditions Comp'Act, (2005), p. 282
2. Dans Europe
VII
A présent le regard pèse comme une pierre,
ne rend compte de rien, et surtout
ne raconte pas d'histoires.
A peine reste-t-il de pauvres bruits qui courent,
les loups en ont fini pour ce soir.
On y va pour voir la terre étalée sur la toile,
le silence taillé au canif, le sang caillé.
On dit qu'elles sont plus vraies que les autres
les couleurs du fou.
Anne Talvaz, Les désastres du mysticisme, in Europe, n°919-920, novembre-décembre 2005, p. 315.
3. Et ce texte extrait de la belle anthologie, 49 poètes un collectif, parue chez Flammarion en 2004
Requiem pour une enfant célèbre, 3
Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir.
Je vois le soleil qui et les arbres qui
et à travers la fente des rideaux les hommes qui
et lorsque je vais au grenier
les oiseaux qui
je vois le ciel qui et qui et qui
Anne, ma sœur Anne, ce n'est pas ce que je te demande.
veux-tu peut-être que je lise dans le marc de café
lorsque cela fait si longtemps qu'on ne trouve plus de café ?
sais-tu seulement que les lignes qui traversent le ciel
ne sont pas celles de la main de Dieu
Anne Talvaz, Requiem pour une enfant célèbre, in 49 poètes un collectif, réunis et présentés par Yves di Manno, Flammarion, 2004, p. 22.

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