L’air était si doux ce
matin qu’on aurait pu s’y appuyer
On entendait à peine la
respiration lointaine des oiseaux
Seulement le bruit léger
des vêtements qu’on froisse et
Le passé ce brouillard de
l’âme tirait vers la mélancolie
Une phrase de
Marlène : « Comme j’ai ce sentiment que
L’on appelle adieu une chose cruelle qui montre
encore
Une fois ce qui est uni en beauté et le tient
suspendu puis
Le déchire » Et je me demandais alors si la vie n’était qu’
Une journée de printemps
fatigué si le monde n’était qu’
Une voiture rapide de
l’écume des rires et de la jeunesse
Foudroyée ou s’il valait
mieux courir derrière les chiens
Derrière les chevaux
effrayés de la puszta derrière le cri
Des goélands et des
sternes tout oublier pour n’avoir pas
D’adieu à donner et
dormir contre l’épaule des fontaines
Alain Duault, poème paru dans la Nouvelle Revue Française n°475 d'octobre 2005, page
49, dans un ensemble intitulé Où quelque chose a frémi. Il est repris dans le
livre Une
hache pour la mer gelée qui parait chez Gallimard le 9 février.
Alain Duault dans Poezibao :

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