Jerzy Ficowski est une
grande figure de la poésie polonaise contemporaine et si le prix Nobel n'avait
pas couronné récemment deux autres poètes polonais (Wislawa Szymborska et
Czeslaw Milosz), il serait sans doute parmi les lauréats potentiels.
Il est né en 1924. Très
jeune il découvre les Boutiques de cannelle de Bruno Schulz mais lorsqu'il entreprend de
faire la connaissance de l'auteur, il est déjà trop tard, ce dernier est reclus
dans le ghetto de Drohobycz et y meurt assassiné en 1942 d'une balle dans la
nuque par un SS. Mais il n'aura de cesse de l'étudier et de le faire connaître.
Il a commencé à publier
en 1940 et comme tous les poètes polonais de sa génération, son œuvre est
profondément marquée par l'empreinte de la guerre, de l'oppression et du génocide.
C'est aussi une poésie qui repose sur une connaissance encyclopédique du
folklore polonais et des poésies tsigane, roumaine, yiddish dont il est
traducteur en polonais
Il s'est en effet fait
"le porte-parole en Pologne de la poésie tsigane et juive. Il a découvert,
traduit, défendu la poésie des tsiganes polonais et sa porte-parole Papusza. Il
a traduit la poésie populaire juive et aussi les poètes yiddish, tant
d'avant-guerre que de l'anéantissement, comme Itshak Katzenelson et son Chant du
peuple juif assassiné. Et surtout
- sommet de la compassion et de la solidarité humaine - il s'est lui-même fait
poète de la Shoah, dans le recueil Déchiffrer les cendres" (page de France Culture citée en référence dans
les liens).
Jusqu'à présent Jerzy
Ficowski n'était accessible en français que par le biais de quelques poèmes
publiés en 2000 dans un Panorama de la poésie polonaise au XXe siècle par les éditions Noir sur blanc.
Grâce à Jacques Burko, sa
présence s'affirme aujourd'hui (janvier 2006) : présence dans un important
article de la revue Diasporiques (n° 36 de décembre 2005) consacré à la poésie
polonaise face au génocide, publication d'une anthologie (au prix très
accessible de 7,5 €, il faut le noter), chez Buchet Chastel.
Je remercie Jacques Burko
pour ses traductions et pour les nombreux éléments que je lui ai empruntés pour
rédiger cette notice.
Bibliographie en français
Tout ce que je ne sais pas, Buchet-Chastel, 2005.
Déchiffrer les cendres, Est-Ouest, 2005 (épuisé)
Bruno Schulz, les régions de la grande hérésie, Noir sur Blanc, 2004
Une très
belle page sur le site de France Culture
une
page en anglais
Rédigé par : Ughetto André | dimanche 08 janvier 2006 à 17h20