Passage
D'abord, je rase un mur
sans ouverture, dont les aspérités
me blessent. L'étrange,
le tout autre, me plongent
dans l'ignorance. Je sens bien
tout ce qui nous sépare,
nous tous, tous les visages
éparpillés sur cette terre
de périls. Et puis,
frémit la muraille,
se perce d'une haleine
qui ménage entre les lettres
des vides, le texte
s'anime, vibre l'immobile.
Plus rien n'est achevé.
Je reprends souffle.
D'une langue à l'autre,
frissonne la chair
comme si je dessinais, tout comme,
le corps de l'autre, sous
mes propres lignes. Aucune
distance ne s'abolit, tout
très vite se rétablit, mais me voici,
Puck des métamorphoses, qui
danse sur les mots d'autrui :
fluide, l'opacité de l'esprit
de jardin en jardin,
chaque verger, la cerisaie,
fluide, le passage,
au songe des nuées
Vivienne Vermes/Anne
Mounic, Passages, poèmes et proses, traductions de/Translation by Anne
Mounic/Vivienne Vermes, , L'Harmattan, 2005.
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