(suite de la note précédente, faisant état de ce scoop : Louise Labé n'existerait pas)
J'ai pu remonter la
piste, me souvenant que mon interlocutrice m'avait dit que l'auteur du livre
était l'éditrice du Rabelais dans la collection de la Pléiade. Disposant du catalogue de cette collection dans ma documentation, j'ai pu trouver rapidement qu'il s'agissait de Mireille Huchon. A partir de son nom, j'ai pu remonter la piste jusqu'à son livre, publié en effet chez Droz et qui s'intitule : Louise Labé, une créature de papier
©florence trocmé
Je donne ci-dessous des extraits de la fiche publiée sur le
site Amazon
Mireille Huchon, Louise Labé une créature de papier
Droz éditeur, 2005
Présentation de l'éditeur
Mystère et paradoxes entourent le
personnage de Louise Labé, à la réputation controversée de courtisane, ainsi
que la publication en 1555 de son unique ouvrage, les Euvres de Louise Lobé
Lionnoize, dont l'édition originale est ici reproduite dans son intégralité,
Trois élégies et vingt-quatre sonnets lui ont assuré une gloire universelle de
poète, alors même que l'ouvrage comporte un long "" Dialogue de Folie
et d'Amour " en prose et qu'il est composé pour un tiers d'écrits
dithyrambiques à sa louange, pièces non signées de poètes contemporains qui ne
parleront ensuite plus jamais d'elle. A restituer le cercle de ces poètes de
Louise Labé, dans le Lyon fastueux du milieu du XVIe siècle, il apparaît que
les Euvres, opération collective élaborée dans l'atelier de Jean de Tournes par
des auteurs très impliqués dans la production de ce dernier, ne sont qu'une
supercherie brillante. Celle-ci ne devait pas faire illusion au lecteur
lyonnais de 1555, habitué aux masques et aux déguisements, aux momeries et aux
figures allégoriques comme mythologiques qui hantent Fourvière (le forum de
Vénus), attaché à la littérature paradoxale alors à la mode dans cette cité où
l'on débat entre néoplatoniciens italiens et français des vertus de l'Amour Le
projet marotique ancien de " louer Louise ", inspiré du "
laudare Laure " de Pétrarque, adapté dans des circonstances très
particulières, se révèle finalement comme une mystification de poètes facétieux
qui ont cyniquement couché sur le papier une femme de paille dont ils se sont
joués.
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