Pour
saluer la parution de Plus rien ne pense aux
restes, aux
éditions Comp'Act, un livre très fort, très dur dont la lecture ne laisse pas
indemne. "j'entends dans ce livre
des fers qui s'entrechoquent et la folie de ceux qui se pendent à la même
corde" (Pascal Boulanger). Livre placé sous un superbe exergue de Gilles
Deleuze : "mais c'est toujours la même question qui va de Roussel à
Michaux, et constitue la poésie-philosophie : jusqu'où déplier la ligne sans
tomber dans un vide irrespirable, dans la mort, et comment la plier, sans
perdre contact avec elle pourtant, en constituant un dedans co-présent au
dehors, applicable au dehors".
Pays des Mille Collines
chaque homme, une colline
chaque colline, un arbre
chaque voisin, un homme
Je dirais donc que c'est un génocide bureaucratique. On achète et on distribue
des machettes. Les tueries sont planifiées.
Radio des Mille Collines Les tutsis ne sont pas faits pour vivre.
Tuez les cancrelats.
Videz les femmes enceintes.
Tuez les tutsis jusqu'à la racine.
chaque homme, une colline
chaque voisin, un homme
Radio des Mille Collines Allez sur chaque colline.
chaque homme, une colline
chaque voisin, un homme
Radio des Mille Collines Les trous ne sont pas encore pleins.
chaque homme, une colline
chaque voisin, un homme
[...]
Véronique Breyer, Plus rien ne pense aux restes, Comp'Act, 2006, p. 55.
La photo de couverture du livre de Véronique Breyer est de Sebastiao Salgado
Bio-bibliographie
de Véronique Breyer
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