Maman, je t’écris un poème
sans
ponctuation chic
sans
mots qui riment
sans
adverbe
juste
un
poème aux pieds nus –
car tu me fais grandir
dans tes petites mains tordues
tu me cisèles de tes yeux noirs
et de tes mots pointus
tu tournes ta tête d’ardoise
tu ris et replies mes tentes
mais du m’offres chaque soir
à ton Seigneur Dieu.
ton oreille-grain de beauté est mon unique téléphone
ta maison ma seule bible
ton nom mon brise-lame face à la vie
je pleure maman
de n’être pas celle
que j’aimerais être à tes yeux.
Antje Krog, Ni pillard, ni fuyard, poèmes présentés et traduits de
l’afrikaans par Georges-Marie Lory, Le Temps qu’il fait 2004, p. 29.
Antje Krog dans Poezibao
note
bio-bibliographique, extrait
1
toutes les illustrations de Poezibao
peuvent être agrandies par simple clic sur l’image
index
de Poezibao
Sur simple demande à [email protected],
recevez chaque jour l'anthologie permanente dans votre boîte aux lettres
électronique
Commentaires