
la cascade accrochée
à la roche penchée
sur la pente rivée
à la cime dévale
et arrive à nos pieds
immuable mobile
***
Muette, se
dressant des mines de la mer
meule : cette menace
et ce regard vitré que la dague des ombres
pénètre, chavire
– Enfance, viens à moi, poignée de
rire
étranglée de soleil
***
Continents migrateurs
débâcle déhiscence
des massifs en partance nuages
envahissant le ciel versants
disparaissant l’un après l’autre dans la brume
sommets soustraits
le sol se dérobe le monde
s’abîme sous l’averse
la face de la terre
labourée par les pleurs
peu à peu reparaît
les traits bouleversés
par une déchirure
un morceau de toiture
émerge du brouillard
des phares de voiture
flottent dans l’atmosphère
village suspendu
sur un banc de vapeur
banquise qui dérive
bandes en fuite qui se brouillent
le paysage est pris en écharpe
par le soeil une échappée
brille au revers de la grisaille
mouvant visage après l'orage
lumière intense insoutenable
le désir perce dans ton regard
***
Extraits 1 et 3, Immuable immobile, La lettre volée, 2002, p. 10 et 15
Extrait 2, Issu de l’oubli,
Le Cormier, 1997, p. 44
Bio-bibliographie
de Michel Collot
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