Surtout
connu comme compositeur, mais aussi poète, Giacinto Scelsi est né le 8 janvier
1905 à La Spezia et il est mort le 8.8.88. C’est une figure très singulière,
aristocrate italien enfermé dans son palais romain donnant sur le Forum et
explorant des années durant un seul son.
Il
appartenait en effet à une très vieille famille de la noblesse italienne, n’a
jamais voulu donner aucun détail biographique ni se laisser photographier. Il
avait reçu une formation musicale académique solide et avait travaillé avec un
élève de Schönberg et devint le premier compositeur italien à écrire de la
musique dodécaphonique.
Mais
une grave crise intérieure dépressive le terrassa dans les années quarante et
on dit qu’il se sortit de cette dépression terrible en jouant inlassablement la
même note sur son piano. Sa musique ensuite ne sera plus jamais la même et
tournera de façon presque obsessionnelle mais passionnante autour de
l’exploration des sons, creusés dans leur masse, leur matière, leur spectre : «
pour lui chaque note est un son, c’est-à-dire pas simplement un point, mais une
sphère, dotée de dimensions de profondeur et de volume. Il peut et doit faire
l’objet d’une fission en ses éléments constitutifs. Un son est un organisme
vivant, doué d’une vie organique infiniment complexe et subtile » (Harry
Halbreich). Quant à Scelsi, ne disait-il pas « le son est le premier
mouvement de l’immobile ». « Le son oscille dans l’espace, il vibre et frémit
comme du plasma et cette vibration interne peut être rendue par des clusters
[agrégats de notes], des trilles, des tremoli, des glissandi, mais surtout par
un vibrato rapide et ample » explique encore Harry Halbreich. Scelsi sera plus
ou moins re(découvert) par les musiciens dits spectraux, Tristan Murail, Gérard
Grisey ou Michael Levinas
Connu
surtout comme compositeur Giacinto Scelsi a également écrit de la poésie et des
essais esthétiques. La plupart de cette œuvre a été écrite en français.
Bibliographie
Le Poids net et l’Ordre de ma vie, Vevey, 1945
Sommet du feu, Rome, 1947
Le Poids net, éditions GLM (Guy Levis
Mano), 1949
L’Archipel Nocturne, éditions GLM,
1954
La conscience aiguë, éditions GLM,
1962
Cercles, Éditions Le parole gelate,
Rome, 1986
Actes Sud a entrepris de publier en trois volumes les écrits de Giacinto Scelsi
dont la plupart sont aujourd’hui introuvables
L’homme du son, poésies recueillies
et commentées par Luciano Martinis, avec la collaboration de Sharon Kanach,
Actes Sud 2006
Les anges sont ailleurs, textes sur
sa vie, la musique et l’art, Actes Sud, 2006
Il Sogno 101, autobiographie, Actes
Sud, à paraître en décembre 2006
éléments de discographie
On peut signaler notamment le coffret sous la direction de Jürg Wuttenbach
regroupant en 3 CD les œuvres pour chœur et orchestre de Giancinto Scelsi,
Aion, Pfhat, Konx-Om-Pax, Anahit, Uaxuctum, Hurqualia, Hymnos et Chukrum.
Un très bel ensemble sur le site de l’IRCAM (sur la musique
de G. Scelsi)
un autre bel ensemble
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