Etudes
littéraires : une mort annoncée ?
Même si, de manière dominante, la Littérature y a
été instrumentalisée pour privilégier l’enseignement du discours, c’est néanmoins
la seule filière de notre système scolaire où se transmet encore une culture
littéraire ; où la philosophie est vraiment présente ; où sont
dispensés les seuls enseignements spécifiques d’art : musique, arts
plastiques, cinéma, théâtre, danse et histoire des arts… Aucun ministre de
l’Education nationale ne s’est jusqu’ici avisé de requalifier cette filière. Fatalité,
ou volonté délibérée de la laisser disparaître ?
Dans l’état présent : quasi plus de
littérature et civilisation en langues étrangères. Pas de traduction, réputée
impure, ou alors en échantillon, en un temps où l’on se réclame de l’Europe à
tous coins de rues ! Comment affronter le renouvellement générationnel et
les exigences de l’intégration, initier aux circulations métissées du monde en
restant étanche aux oeuvres de l’imagination et des idées venues d’ailleurs. En
fossilisant programmes et pédagogie de la littérature face aux mutations des
outils modernes, en laissant se dévaluer une formation intellectuelle et
artistique, indispensable dans tous les champs de l’activité sociale.
Est-il encore temps de crier au scandale devant
l’impéritie ? D’affirmer que l’enfant, héritier légitime du patrimoine
artistique et acteur vivant de sa propre culture se nourrit autant aux œuvres
de l’art et de l’esprit qu’aux sciences réputées exactes et aux savoir-faire
techniques. Que la Littérature n’est pas une
« discipline » parmi d’autres.
L’art littéraire est irréductible aux autres. Il
est par essence l’espace critique où la langue travaille, en pensée et en
imaginaire, où fermentent les réalités et les utopies, sans lesquelles aucune
société n’est viable. Face aux fanatismes, croyances irrationnelles et dérives
idéologiques qui feront le lit des horreurs de demain, la transmission du
capital intellectuel et artistique de la littérature est une affaire de vie ou
de mort.
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florence Trocmé
site de la maison
des écrivains : texte de l’appel
parmi les premiers signataires :
Jeanne Benameur, écrivain
Bernard Chambaz, écrivain
Anne-Marie Garat, écrivain
Jean-Louis Giovannoni, écrivain
Sylvie Gouttebaron, écrivain, Directrice de la Maison des écrivains
Jean-Michel Maulpoix , écrivain, Professeur d'Université, Président de la
Maison des écrivains
Jean-Yves Masson, écrivain, Professeur à la Sorbonne
Daniel Maximin , écrivain
Jean-Baptiste Para, poète et traducteur
Elisabeth Brami , écrivain
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