Comme un sèche-cheveux dans l’eau,
entre nous, la voix
n’est pas conductrice, ne parvient pas,
mais s’arrête comme
d’un interrupteur,
allumé ou éteint
au hasard.
Nous deux
sommes un pays
sous embargo,
vivant de parenthèses et
de silences, de blackout,
si bien que lorsque la lumière ensuite
revient, nous avons déjà
oublié ce que nous voulions nous dire.
*
Feuilles de papier ou fils d’herbe,
lorsque tu découvres ces coupures longues,
un coup léger suffit
et c’est déjà sang :
tes paroles
droites dans les points morts,
les lieux d’ombre,
fines et silencieuses comme des aiguilles,
je m’en retrouve recouverte
et je ne le savais pas.
Elisa Biagini, L’Ospite, Einaudi, 2004, p. 69 et 8, traductions inédites de
Philippe Di Meo
*
Tra noi la voce non
conduce e arriva, come
phon dentro l’acqua,
ma si ferma come
d’interruttore
acceso o spento
a casaccio.
Noi due
siamo un paese
sotto embargo,
che vive di parentesi e
silenzi, di blackout ,
sì che quando la luce poi
ritorna, noi ci si è già
dimenticati cosa dire.
*
Quando scopri quei tagli lunghi,
fogli di carta o fili d’erba
che basta un solo tocco
ed è già sangue :
le tue parole
dritte ai punti morti
ai luoghi in ombra
sottili e silenziose come aghi,
mi ritrovo ricoperta
e non sapevo.
je
remercie vivement Philippe Di Meo pour cette proposition et ces traductions
inédites.
Bio-bibliographie
d’Elisa Biagini
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