l’arbre
Quel que soit le lieu un arbre monte la garde. Il
est la mort qui veille au cimetière.
La voix n’attend pas l’heure. A quoi bon ?
Tout instant est l’heure, étant le passé, ce qui s’est passé, a passé, étant ce
qui regarde d’au-delà
Parole de l’arbre
par les couleurs changeante. Et l’écriture a pour
but détruire le périssable pour but séparer la matière
dite peccable serait-elle chair
périssable de l’autre ? Voix d’arbre est frontière.
Ses couleurs sont légions changent tout le temps
à chaque instant du temps.
Elles bruissent elles ondoient elles nagent
dans l’eau du ciel les racines sont horizontales
rhizomes elles reptations elles muettes d’où jaillissent les forêts
elles jardin qu’à la fin
l’arbre envahit tout paysage forêt ne cesse de
croître s’épaissir
forêt dense touffue forêt offerte
silencieuse malgré les rumeurs de la vie
biologique.
Deuil du monde et signe que
s’étant absenté d’elle monde s’absente de la
voix.
L’invasion est finale elle atteint à l’épure la
transmutation s’achève il est temps maintenant cyprès de la mort
vers les cieux silencieux
Benoît Conort, Écrire dans le noir, Champ Vallon, 2006, p. 90.
bio-bibliographie
de Benoît Conort
index de Poezibao
Revenir à la Une de Poezibao
Sur simple demande à [email protected], recevez chaque
jour l'anthologie permanente dans votre boîte aux lettres électronique