Le traducteur et poète Philippe Di Meo m’a envoyé cette traduction inédite d’un jeune poète italien, né en 1975, Paolo Maccari. Je l’en remercie vivement.
Mes mains
Confiées à des mains chaudes
(nous ne savions pas alors de quelles fièvres),
à de confortables seins hospitaliers
(on le sut par la suite, sournois,
les aspics scrutaient depuis leurs mamelons),
aux protestations de discrétion
(n’incluant pas, comme nous
l’avons vu, de susurrement),
à des yeux tendres, tuméfiés et vibrants
(envieux, ils fixaient un horizon
boueux, situé derrière nous),
à la tolérance de l’expérience
(qui n’apprend jamais rien, de cela
nous sommes maintenant sûrs et certains),
à l’amitié, à la complicité
(qui existent mais qui existent
entre deux heureux et deux malheureux),
à l’amour, à la fidélité
(dans la forêt, tanières peuplées
par tous les égarés, les apeurés),
confiées à des mains chaudes,
à des yeux tendres, à des seins chauds,
à des discrétions, à des tolérances,
à des complicités, à des amitiés
et à de fidèles amours
sait-on pourquoi
avec la maladresse
des faibles,
des êtres fantastiques,
nous ne vîmes pas d’emblée
comment se conduisent
les sages, les brillants intellects :
rien que des requêtes ou des confidences :
une belle paire de gants imperméables.
Traduction inédite de l’italien par Philippe Di Meo
Le mie mani
Affidate a mani calde
(non sapevamo allora di che febbre)
a confortevoli seni ospitali
(gli aspidi, si seppe poi,
scrutavano sornioni dai capezzoli)
alle proteste di discrezione
(non comportante,
come s’è visto, il sussurro)
a occhi teneri tumidi e vibranti
(figgevano un orizzonte melmoso
dietro a noi, vogliosi)
alla tolleranza dell’esperienza
(che non insegna niente mai,
di questo ormai siamo esperti)
all’amicizia, alla complicità
(che esistono, ma esistono
tra due felici o due infelici)
all’amore, alla fedeltà
(tane abitate da ogni sperso
impaurito nella foresta)
affidate a mani calde
a occhi teneri a caldi seni
a discrezioni e tolleranze
a complicità e amicizie
e fedeli amori
le mie mani fredde screpolate
a mani occhi seni
a fedeli, complici amori
chissà perché
con la malaccortezza
dei deboli
dei fantastici
non si vide da subito
come si comportano
i saggi gli intelletti brillanti:
niente richieste o confidenze:
un bel paio impermeabile di guanti.
Bio-bibliographie de Paolo Maccari
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