Écrire un "journal" qui ne soit pas écrit au
« je » ?
Écrire, ne plus écrire. Trouver une forme d’écriture qui soit aussi absolument
neutre que la musique, la peinture, la sculpture. Qui parle aussi peu de soi,
aussi « fort ».
La légende est le seul rapport réel avec la mort.
La musique c’était avant tout, pour toi, faire silence, c’est pour cela qu’il était impossible de l’écouter comme divertissement. Ainsi il fallait, inéluctablement, rendre compte au vieux mot de recueillement.
Que dire ne soit jamais traduire. Mais dire.
Écrire un livre qui ne soit qu’un livre de mots. Sans
explications. La même nostalgie que celle d’écrire un livre qui ne soit que
citations. Pas de commentaires : respect total de la lecture et du
lecteur. Comme si le mot pouvait éclater tel quel, isolé, dans son sens propre,
sans annexe, sans fioritures.
La théâtralité.
Les gants gris sombres.
La « préciosité ».
La solitude.
Le regard qui se lève.
Agnès Rouzier, Journal II, dans Le fait même d’écrire, Change/Seghers, 1985, p. 242.
je remercie Tristan
Hordé pour cette contribution
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