C’est le poème qui fait ce que font les mots, pas les mots qui font le poème, prévient Henri Meschonnic dans l’éditorial que lui a confié Daniel Martinez sans pour autant, loin s’en faut, abandonner les rênes de sa revue, riche comme à l’accoutumée d’innombrables stations poétiques. En conservant une même structure composée d’un parcours parmi les poésies du monde, puis de 3 cahiers donnant à lire des poètes français, suivis de libres propos, notes de lectures et de récits, Diérèse installe chaque trimestre son « manège enchanté », prouvant, s’il en était besoin, que l’activité poétique bat son plein. Stop. Retour sur Dieter M. Gräf, poète allemand aux vers brefs et incisifs. Henri Meschonnic réapparaît sous sa casquette de praticien pour transformer le silence qui nous sépare. Un même désir de rencontre anime la poésie de Richard Rognet, devenu, qui s’en plaindrait, un habitué de Diérèse, comme du reste Pierre Dhainaut. Citons encore d’autres poètes dont la notoriété n’est plus à établir : Antoine Emaz, Bernard Noël, Jeanpyer Poëls, Françoise Hàn, Pierre Maubé… Plus loin, Gaspard Hons tient chronique à propos de la correspondance qu’entretinrent René Char et Albert Camus (publiée récemment chez Gallimard). Avant de vous connaître, je me passais de la poésie, confia Camus à Char en 1956. Diérèse trente-huitième active encore bien d’autres feux dans ses 248 pages illustrées ça et là par cinq graphistes. Mais je vous passe le relais. Vous connaissez le chemin.
©Alain Helissen
Diérèse, n°38 ; c/o Daniel Martinez, 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière

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