En ligne, ici (en anglais) un entretien avec Daniel Barenboim à propos d’Anton Bruckner.
[Ma traduction] : « Bruckner est un monde très spécial et spécifique à l’intérieur du monde de la musique. Son idiome et son langage musicaux sont post-wagnérien, fin XIXe. Mais la forme appartient au Classique, presqu’au Baroque. Et cela donne le sentiment que l’on a affaire à deux ou trois siècles de musique en même temps. Je pense que plus je dirige Bruckner, plus je perçois qu’il ne s’agit par avec lui d’une construction mais plutôt d’une expédition archéologique. Je sens que chaque partie, notamment dans les dernières symphonies, entraîne plus loin et plus profond sous la terre. »
NB : en haut à droite de l’écran, lecteur pour le fichier audio, 17’ (en anglais). Daniel Barenboim passe en revue, rapidement, les neuf symphonies de Bruckner et donne quelques exemples musicaux.
A propos toujours de Bruckner, il disait presque la même chose dans un entretien avec Guillaume Tion pour Libération : « son langage musical est typique XIXe, ça sort de Wagner. Si on ne connaît pas Wagner, on ne peut pas vraiment aborder Bruckner. D’ailleurs les orchestres qui jouent des opéras, comme la Staatskapelle ou le Philharmonique de Vienne, ont un rapport différent à cette musique contrairement à ceux qui n’en jouent pas, car ils n’ont alors pas de relation intime avec Wagner. Mais si le langage musical de Bruckner est XIXe, la forme, par contre, est presque baroque : ce n’est pas une sonate, c’en est une variation, très carrée, découpée. Et il y a quelque chose dans l’atmosphère qui me fait penser au Moyen-Âge. Est-ce parce qu’il était croyant ? Je n’en sais rien, mais une chose est claire : quand je dirige Bruckner, j’ai le sentiment de traverser quatre ou cinq siècles. »
Barenboim a donné au disque trois intégrales des Symphonies de Bruckner. La toute dernière avec la Staatskapelle de Berlin.
On peut voir ici précisément la Symphonie n°3 dirigée par Daniel Barenboim, à la tête de la Staatskapelle, concert donné à la Philharmonie de Paris, le 7 janvier 2017 (vidéo en principe disponible 5 mois, durée un peu plus d’une heure)
tout début du 4ème mouvement (1'30) :
Bruckner 3ème symphonie début du 4ème mvt