Death comes to every piano, and dying, each sings a different kind of song.
Ross Bolleter
Les pianos meurent aussi. Et mourant, chacun émet un chant propre
Diffusée aujourd’hui sur la webradio "La Contemporaine" (France Musique), webradio qui tient ses promesses et permet de nombreuses découvertes, une œuvre de Ross Bolleter, Secret Sandhills.
Ross Bolleter travaille sur et à partir de ce qu’il appelle les Ruined Pianos, des pianos abandonnés, détraqués, désaccordés, démantibulés, des pianos en ruine dont il tire des sons inouïs. Lesquels agissent profondément sur l’auditeur qui a presque forcément entendu, dans sa vie, de vieux pianos désaccordés dont les résonances, on ne sait pourquoi, s’incrustent profondément dans la mémoire. On notera aussi quelques analogies fugitives avec les pianos préparés de John Cage.
Pour Bolleter un piano est ruiné, quand il a été exposé aux intempéries et au temps qui passe, ce qui met au jour des possibilités musicales totalement nouvelles. Il fait remarquer que les notes qui ne marchent plus du tout ne sont pas les moins intéressantes ;
Il a installé en Australie un véritable cimetière de pianos ruinés (the Ruined Piano Sanctuary) où il a rassemblé une quarantaine d’instruments qu’il laisse se dégrader et mourir à leur propre rythme, sous des arbres, des auvents, etc.
Lire la fiche Wikipédia (en anglais) consacré à Ross Bolleter
On peut découvrir Secret Sandhills, ici :
Lien de la video. Durée, 37’47
Secret Sandhills for six ruined pianos (to the memory of Timmy Payungka Tjapangati)
et sur le site Le son du Grisli de Guillaume Belhomme, écouter un extrait (20’ environ) de Frontier Piano, une œuvre jouée précisément sur les pianos du Ruined Piano Sanctuary.
On peut aussi regarder cette vidéo de 25’, environ, Labyrinth pour accordéons, pianos ruinés et voix (texte de Jorge Luis Borges)