Pour saluer la
parution d’un nouveau livre de Gilles Ortlieb chez Le Temps qu’il fait, Meuse,
Métal, etc.
L’île de Sakhaline
a la forme,
paraît-il, d’un sterlet, sorte d’esturgeon que l’on pêche en Russie :
c’est sur cette observation que début la description du bagne où A. Tchekhov se
rend en juillet 1890, contre l’avis de ses proches et amis, après avoir remonté
la Volga et la Kama dans une demi-pelisse (« Je ne suis ni triste ni gai
et sens sur le cœur comme de la gélatine »), couru de part en part la
Sibérie en tarantass (« je roule, je roule…les poteaux de verstes,
les mares et les petits bois de bouleaux surgissent et disparaissent…. »),
étudié le code pénal annoté par son frère Michel (Kolia, l’autre frère, s’est
éteint un an plus tôt), et traversé le lac Baïkal, aux eaux plus transparentes
que celles de la Mer noire. Le trajet sur le fleuve Amour aura été, lui, plus
agréable : le médecin s’est enfin reposé à bord d’un bateau chauffé, même
s’il n’a pu écrire dans sa cabine à cause de la vibration des machines.
Gilles Ortlieb, Meuse,
Métal, etc. , Le Temps qu’il fait, 2005, p. 26.
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fiche de Gilles Ortlieb
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