III
Les poètes s’en vont
l’un après l’autre jusqu’à l’extrémité de la branche
Ah ! pourquoi me quittez-vous ?
Réunis autour de la table
nous disions : le frémissement de l’eau est notre bien
nous disions : toute nervure nous appartient, nous
possédons
l’automne et l’or
nous disions : nôtre est le commencement de la branche
mais vous partez…..
Bénis, sois-tu, arbre, toi que fleurissent les plumes du
paon et l’aigrette de la huppe. Bénies soient tes racines où pondent les
fourmis. En compagnie de l’étoile le porc-épic s’est promené autour de toi. Les
sauterelles se serrent sur tes branches. Ainsi dans les nuits de soufre
prends-tu goût au paradis. Dans le jour doré tu distilles l’argent. Tu es mon
arbre premier, ma hutte, mon cercueil et la couronne qui ceint ma tête
Bonjour à toi, poème !
Saadi Youssef, extrait de l’Ermite, traduction de Vénus Khoury-Ghata, in revue Europe, n° 914-915, de juin/juillet 2005, p. 258.
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