Pour célébrer la
parution, chez Comp'Act, d'un nouveau livre d'Anne Talvaz.
D'après
Bellini
Marie, Marie,
tandis que derrière toi le ciel se veloute et se tourmente
il prend la pose et nous bénit, le petit sage,
l'arrondi de ton crâne fait écho au sien,
toi ni lointaine ni proche.
Le vent souffle derrière toi, mais protégée par ton trône
ou par la profondeur de tes pensées,
tu n'y prêtes pas attention,
alors que lui, ne serait-il pas mieux
au creux de tes bras ?
On ne refait pas le destin.
Tout est inscrit dans la barre transversale du ciel,
dans la cascade de ton manteau lourd et profond comme le ciel,
dans les plis de ta robe rouge
comme un sang stylisé.
La croix, le sang, tout est dit. Et lui si nu,
avec ses petits doigts qui pointent vers le haut,
et son petit sexe vers le bas,
Et cette sérénité de fillette,
ou de vieillard.
Il n'est pas un vieillard.
Il n'est pas une fillette.
Tu n'es pas une fillette,
et il est encore temps.
Recouvre-le, cache-le
aux yeux du peintre.
Cache-le
aux yeux du ciel.
Marie, Marie, protège-le de la haine du ciel
Jusqu'à ce que l'orage soit passé.
Anne Talvaz, panaches
de mer, lithophytes et coquilles, Éditions Comp'Act, 2006, p. 19.
Anne Talvaz dans Poezibao
bio-bibliographie,
extrait 1, extrait 2
Commentaires