
Les vastes
lagunes du ciel
dont pour longtemps encore
j’ai mémoire
inondent mon sommeil
avec le goût des larmes
glissant sous le masque d’or
Grandes figures calmes
taciturnes ombres
des siècles en voyage
une à une s’éloignent
dans les régions du temps
étrangères au corps humain
Longs cheminements de la pensée
jusqu’aux rebords extrêmes
de cet écho silencieux
tout contre moi.
(144)
*****
Seule note
ta présence
étoile de joie
seul appel
d’un monde d’amour
il n’est pas de vent
à l’entrée d’un coquillage
qui ne déchaîne
la nuit de grâce
(176)
*****
Une fois
par nuit
à mesure d’homme
monte la peur
sur une lame lisse
le poids s’en va
qui est-ce
qui est-ce
agrippés
sur l’onde
du passé
il faut pourtant
glisser
engloutis
surnageant
douleurs
à la chaîne et
masques brisés
devant la porte
où tremble l’avenir
une fois
par nuit
à mesure
d’homme
brille l’infini
sur une lame
lisse
(193)
Giacinto Scelsi, L’Homme du son,
poésies recueillies et commentées par Luciano Martinis, avec la collaboration
de Sharon Kanach, Actes Sud, 2006.
bio-bibliographie de Giacinto Scelsi
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