
Le cavalier transparent
De métamorphose en métamorphose
l’eau conduit son propre deuil
Se quitte à chaque vague
errant de la terre au ciel, du ciel à la terre
du nuageux au solide
Ignore qu’elle irrigua
jusqu’aux larmes aux baisers de la parole
ce corps dont tu lui prêtas la voix
les lèvres et les yeux
avant qu’elle ne s’en retire
un jour d’intense soif
Comme le caillou ignore
qu’il aurait pu t’écraser quand il était roc
et ne pourra te meurtrir
broyé en poussière
Tu chevauches le temps
qui les chevauche, transparent cavalier
Mais ta mémoire, toutes les mémoires
ne seront-elles pas un jour
plus fluides que l’eau
plus obtuses que la pierre ?
Claire Malroux, La Femme sans paroles, Le Castor Astral, 2006, p. 56.
Claire Malroux dans Poezibao :
Note
bio-bibliographique
Compte
rendu du livre de Claire Malroux, autour d’Emily Dickinson, Chambre avec
vue sur l’éternité
entretien
avec Claire Malroux autour d’Emily Dickinson
extrait
1, extrait
2 + traduction Marilyn Hacker),extrait
3, extrait
4
rencontre
avec Marilyn Hacker sur la traduction réciproque
La
Femme sans paroles (fiche de lecture),
toutes les illustrations de Poezibao peuvent être
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