Esquisses en poudre de
gypse
Bozzetti per scagliola
6 Epitaphes pour Armand Robin Fabio Pusterla, Deux rives, traduit
de l'italien par Béatrice de Jurquet et Philippe Jacottet, Édition bilingue, p.61
et p.95
L'oreille qui écoute ne voit pas la voix qui parle
dans la nuit, perdue; elle guette le bruissement
de l'air, par les rues
où quelqu'un marche peut-être.
La voix qui parle n'attend pas qu'on l'écoute,
elle espère pourtant que son soliloque n'est pas vain,
que s'ouvre pour elle une porte en silence,
offrant une lumière, une branche de forsythia.
6
L'orecchio che ascolta non vede la voce che parla
nella notte, perduta, ma attende il brusio
dell'aria, attraverso le strade
che forse qualcuno percorre.
La voce che parla non cerca nessun ascolto,
eppure spera che il suo soliloquio non sia vano,
che un uscio l'accolga in silenzio,
offra una luce, un ramo di forsizia.
••••••
Epitaffi per Armand Robin
3
Pendant mes longues écoutes
je sentais que les marguerites
courbaient la tête, patientes
au-dessus de la force des racines :
terre noire, fossé.
Motte après motte, elle dispense
un souffle pesant, profond.
Les voix de mes poètes
montaient d'en bas,
parlaient bas
à partir du fond.
3
Durante
i miei lunghi ascolti
sentivo le margherite
chinare la testa pazienti
sul flusso delle radici :
terra nera che infossa.
Zolla su zolla dispensa
un alito greve, profondo.
Le voci dei miei poeti
salivano sempre dal basso,
parlavano piano
dal fondo.
En postface, quelques pages de Pusterla sur l'art de la traduction Entre
contrebande et jardinage.
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de Fabio Pusterla
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