Parfois les nuits sont très longues,
tout nous abandonne
jamais votre corps mais les sols, le visage
sur le
carrelage
avec ses lignes précises
parfois des morceaux de chair au matin je regarde mes mains je
marche jusqu’aux fenêtres les distances sont très
grandes où
attend-il les pas vacillent les voix au loin
notre distance de tombe et de draps,
les bandelettes
sans mots marche dans le fourmillement de cet air privé
de mots
regarde la lumière se lever rouvrir je m’assois à côté sur le
bord des
choses – je froisse des tissus sous le corps entier rien sous
l’odeur
de froid
quelques pas, déplacent des objets, des papiers volent
dans l’air glacé
ou bien les lancent dans
le vide
ils disparaissent
directement temps
long se dédouble sable
collé
lentement, fait des petits
cratères de la taille d’un ongle
traverser retourner sans vue suivi des
doigts ligne des murs
essayer de retrouver
des lieux
nageur tombé
avec
des attentions particulières
je sens le monde
j’attends
Fabienne Courtade, Il reste, Flammarion, 2003, p. 81
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