Chanson pour mon ombre
Droite et longue comme un
cyprès,
Mon ombre suit, à pas de louve,
Mes pas que l’aube désapprouve.
Mon ombre marche à pas de louve,
Droite et longue comme un cyprès,
Elle me suit, comme un
reproche,
Dans la lumière du matin.
Je vois en elle mon destin
Qui se resserre et se rapproche.
À travers champs, par les matins,
Mon ombre me suit comme un reproche.
Mon ombre suit, comme un
remords,
La trace de mes pas sur l’herbe
Lorsque je vais, portant ma gerbe,
Vers l’allée où gîtent les morts.
Mon ombre suit mes pas sur l’herbe
Implacable comme un remords.
La Vénus des aveugles, dans Poésies
complètes, Librairie Alphonse Lemerre, 1944, p. 204-205.
Je remercie Tristan Hordé pour cette contribution
Bio-bibliographie de Renée Vivien
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